11 mars journée européenne contre le terrorisme : Espagne-Maroc une coopération sécuritaire devenue un modèle stratégique en Méditerranée 

Marco Baratto politologue

Par Marco Baratto. Politologue-Italie

Depuis plusieurs années, la coopération entre l’Espagne et le Maroc s’est affirmée comme l’un des partenariats sécuritaires les plus solides et les plus efficaces dans l’espace euro-méditerranéen. Face à des défis communs tels que le terrorisme, le trafic de drogue, la criminalité organisée et la migration irrégulière, les deux pays ont progressivement construit une relation stratégique fondée sur la confiance, l’échange d’informations et des opérations conjointes. Cette coopération repose en grande partie sur les relations étroites entre les institutions de sécurité des deux pays. Du côté marocain, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) et la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) jouent un rôle central. Ces institutions collaborent de manière régulière avec les forces de sécurité espagnoles, notamment la Guardia Civil et la Police nationale. L’échange d’informations constitue l’un des piliers fondamentaux de cette coopération. Les services de renseignement et les forces de sécurité des deux pays partagent régulièrement des données sur les réseaux criminels, les organisations terroristes et les routes du trafic de drogue. Cette circulation rapide de l’information permet d’anticiper les menaces et de coordonner les interventions.

Les résultats de cette collaboration sont particulièrement visibles dans la lutte contre le trafic de drogue. Le détroit de Gibraltar représente depuis longtemps l’une des principales routes du trafic de haschisch entre l’Afrique du Nord et l’Europe. Grâce aux opérations conjointes menées par les autorités marocaines et espagnoles, plusieurs réseaux criminels ont été démantelés ces dernières années. En 2024, par exemple, une série d’opérations coordonnées a permis la saisie de plus de 11 tonnes de haschisch en une seule semaine. Ces résultats illustrent l’efficacité de la coopération opérationnelle entre les deux pays et la capacité de leurs forces de sécurité à agir de manière rapide et coordonnée. La lutte contre la migration irrégulière constitue un autre domaine majeur de coopération. L’Espagne considère aujourd’hui le Maroc comme un partenaire essentiel dans la gestion des flux migratoires vers l’Europe. Des patrouilles conjointes, des dispositifs de surveillance maritime et des échanges d’informations ont été mis en place afin de limiter les traversées clandestines et de lutter contre les réseaux de passeurs.

Cette coopération s’inscrit dans une approche plus large de gestion des frontières et de stabilité régionale. En travaillant ensemble, l’Espagne et le Maroc cherchent à prévenir les crises migratoires tout en combattant les organisations criminelles qui exploitent les migrants. Mais la relation entre les deux pays ne se limite pas aux questions sécuritaires. Les échanges économiques entre l’Espagne et le Maroc ont connu une croissance spectaculaire au cours des dernières années. L’Espagne est aujourd’hui l’un des principaux partenaires commerciaux du Maroc, et les deux pays collaborent également sur plusieurs projets d’infrastructure visant à renforcer la connectivité entre les deux rives de la Méditerranée. Cette dimension économique contribue à consolider la relation stratégique entre les deux pays. Une coopération solide dans les domaines du commerce, des infrastructures et de l’énergie renforce également la stabilité politique et sécuritaire de la région.

Dans un contexte international marqué par des menaces transnationales de plus en plus complexes, la coopération entre l’Espagne et le Maroc offre un exemple concret de partenariat efficace entre l’Europe et son voisinage. Elle montre que la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée nécessite une collaboration étroite entre États, fondée sur la confiance et la coordination opérationnelle. Aujourd’hui, de nombreux observateurs considèrent ce partenariat comme un modèle de coopération régionale. L’expérience acquise par les deux pays pourrait inspirer d’autres initiatives similaires dans l’espace euro-méditerranéen.

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