Extrait du  roman  de l’écrivaine Belge Geneviève  Guevara en cours d’écriture  :

Par Geneviève  Guevara

« J’ai toujours préféré la folie des passions à la sagesse de l’indifférence », disait  Anatole France. Une autre maxime , de La Rochefoucauld celle-la, est une de mes phrases porteuses : « qui vit sans folie n’est pas si sage que l’on croit ». Dans ces deux citations, deux mots ressortent : folie et sagesse. Un bel équilibre…. Indispensable à notre épanouissement. La folie des passions ? L’origine du mot « passion » est grecque « pathos » qui signifie souffrance… Quand on parle de passion amoureuse, on désigne un amour coup de foudre, qui brûle et consume, un amour très fort, violent, rapide et qui laisse pantelant. L’amour uniquement souffrant n’est pas  l’amour. Est-il enrichissant ? Toute expérience est enrichissante, certes, mais est-il souhaitable de le vivre ? Personnellement, je suis heureuse de ne pas l’avoir éprouvé.  Mais l’indifférence est encore moins souhaitable me semble-t-il. 

De toute façon, aucune once d’amour dans ce non sentiment. Quant à dire que  la sagesse est inhérente à l’indifférence, je me demande de quelle sagesse parle Anatole France, ce célèbre écrivain du 19ème siècle…Parfois, certains vivent un amour hors norme, un amour tellement grand, tellement étrange, qu’ils sentent son anormalité dès la rencontre.  Cet amour fait peur parce qu’il ravage tout jusqu’aux fondations, il est flamme… Il consume. Mais pourtant il n’est pas l’amour passion dont je parlais précédemment. Parce que cet amour est vibratoire, il est énergie. Il est éternel. Il élève, il transcende. Les âmes s’attirent, s’aimantent. Et comme les aimants s’aiment et se repoussent : elles sont miroirs et chacun voit en l’autre soi-même dans tout ce qui est…. Et ce sont les ombres qui ressortent : fausseté, masque, fragilité, blessures profondes et peurs, beaucoup de peurs, tellement de peurs…. 

Et cet amour, à nul autre pareil, est souffrant parce qu’il est exigeant : il invite à devenir la meilleure version de nous-mêmes non pas pour l’autre mais d’abord pour soi-même.  Ce travail d’épure est un chemin long, créatif, un chemin spirituel, un chemin vers le pur Amour.  Un chemin qui desille, qui décolle les paupières, qui dés- illusionne  ( qui débusque les illusions) : combien notre conception du monde, des relations avec autrui sont erronées…. Alors travailler ses peurs, pacifier son ego, s’ouvrir à tous nos possibles peu à peu, se détacher de toutes possessions, se détacher des êtres pour entrer dans non pas l’indifférence mais prendre sa juste place : celle de l’amour qui permet, sans  la possession qui étouffe…. 

Revisiter toutes les formes d’amour ( du maternel au rapport amoureux et constater leurs limites, leurs étouffements plus que leur ouverture…). Tant de choses à revisiter, tant de réajustement à opérer. Et être enfin ! Certes, quelques scories subsistent encore mais de moins en moins. Le travail se poursuit inlassablement. Nous nous sommes incarnés pour progresser, alors tout est bien. Et notre Autre dans cet amour étrange ? Notre Autre nous aiguillonne quand il importe de le faire, il souffre dans ses illusions, se débat, veille également à devenir peu à peu la meilleure version de lui-même…. Lui aussi a ses peurs : la nudité d’être en sortant des sentiers balisés, c’est effrayant. On nous a tellement inculqué depuis notre naissance des croyances limitantes ! C’est tellement difficile de s’accomplir… Notre Autre est un être merveilleux, il y arrivera. Il nous a tant permis pour que nous soyons dans cette lumière douce. Lui aussi bientôt en sera nimbé.

Dans ce chemin de croix, à chaque station, la métamorphose s’opère peu à peu. Elle peut être lente, très lente. Mais tout est juste aussi peu importe le timing, il est nécessairement divin….Notre Autre prendra le temps d’être.  Dans le respect de son éclosion.  Notre Autre est le plus beau pour nous. Il est aimé et il aime. Un amour exigeant, un amour dans lequel on semble seul…Un amour éprouvant…. Et in fine, toucher du doigt sa complétude, rayonner toujours plus, être pétri d’amour bienveillant, être dans son authenticité totale… Et cet amour vibratoire s’amplifie de jour en jour.  Et cet amour est Amour.  Cet amour est folie et sagesse entremêlées étroitement.  Il est le plus beau cadeau aussi. » Chaque jour est une fête d’Amour. Bonne fête d’Amour à tous et à toutes. Je vous aime tous infiniment. Je t’aime toi mon Autre, ma Paix retrouvée.