Par Zakia Laaroussi
À Cortina, la neige est blanche, mais l’ambiance politique américaine est orageuse. Les Jeux Olympiques d’hiver 2026, censés célébrer l’union par le sport, se retrouvent malgré eux scène d’une profonde fracture américaine.
La présence discrète mais officielle d’agents de l’ICE — la police de l’immigration au cœur de vives polémiques — sur les sites olympiques a jeté un froid. Officiellement, ils ne sont là que pour du « soutien logistique ». Mais leur simple ombre symbolise un climat national qui déborde sur la piste.
Les athlètes, habituellement priés de « faire du sport », ont pris la parole. Le skieur Hunter Hess a osé exprimer ses « sentiments mitigés » à porter le drapeau américain. La riposte de l’ancien président Donald Trump fut immédiate et brutale, qualifiant le champion de « vrai loser ».
Le CIO, gardien d’une neutralité devenue presque impossible, est coincé. Sa charte interdit toute « manifestation politique » sur les sites olympiques, mais autorise les prises de position sur les réseaux sociaux. Résultat : les protestations migrent vers Instagram, transformant les comptes personnels en véritables tribunes. La vraie compétition semble désormais se jouer entre la fiction d’un monde sportif apolitique et la réalité d’une génération d’athlètes qui refuse de se taire.
Ces Jeux seront peut-être moins marquants par leurs performances que pour avoir révélé, sous les projecteurs mondiaux, qu’aucun podium n’est assez haut pour échapper aux divisions de son époque. Le rêve olympique grelotte face au vent de la réalité.
