Par Marco Baratto, Politologue
Les États-Unis accélèrent brutalement le tempo diplomatique. En convoquant une troisième réunion de négociation les 23 et 24 février à Washington, l’administration américaine affiche un objectif ambitieux : parvenir à la signature d’un accord-cadre sur le Sahara occidental dès le mois de mai, selon des informations rapportées par El Confidencial. Il s’agit du troisième round en moins d’un mois, après une session organisée fin janvier dans la capitale fédérale et une réunion tenue les 8 et 9 février à Madrid. Ce rythme inhabituellement soutenu traduit une volonté claire de débloquer un conflit qui s’enlise depuis plusieurs décennies.
Un format restreint pour dépasser les blocages
D’après des sources diplomatiques citées par le média espagnol, les discussions s’orientent vers la création d’un mécanisme technique restreint réunissant le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et les États-Unis, avec l’appui d’experts des Nations unies et de spécialistes internationaux. Ce groupe aurait pour mission d’affiner et d’opérationnaliser l’initiative d’autonomie proposée par Rabat comme base de règlement. La proposition marocaine prévoit l’octroi de larges compétences administratives et législatives au territoire sous souveraineté marocaine.
Une dynamique encadrée par les Nations unies
L’engagement accru de Washington s’inscrit dans le cadre de la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité des Nations unies, qui appelle les parties à poursuivre les négociations afin de parvenir à une solution politique mutuellement acceptable. En fixant un horizon temporel rapproché, l’administration américaine semble vouloir transformer l’actuelle séquence diplomatique en résultats concrets, en abordant de manière détaillée les dimensions institutionnelles, sécuritaires et économiques d’un éventuel statut d’autonomie
Un enjeu stratégique pour le Maghreb
Au-delà du seul dossier saharien, cette initiative reflète une approche pragmatique visant à stabiliser durablement le Maghreb, région stratégique sur les plans sécuritaire, énergétique et géopolitique. Reste à savoir si l’objectif d’un accord-cadre dès le mois de mai pourra être atteint. Le succès dépendra de la capacité des parties à surmonter leurs divergences et à s’engager dans un compromis substantiel. Quoi qu’il en soit, l’implication active des États-Unis marque une nouvelle phase dans le traitement international du dossier du Sahara occidental, caractérisée par une volonté affichée d’aboutir à un règlement politique dans des délais resserrés.
