Sourire qui échappe aux modèles

L'ecrivaine Mina Mansour

Par  Mina Mansour écrivaine et consultante – Paris

L’hiver, c’est pas seulement dehors,
c’est partout où on te parle en pourcentage
parce que « ça fait plus sérieux ».

On vit dans un monde où le cœur compte moins que ce qu’il rapporte,
où les émotions doivent être formatées de préférence en colonnes,
avec des cases bien alignées et un graphique qui monte, sinon « c’est préoccupant ».

Et pourtant… moi, au milieu de leurs tableurs glacés, j’ai trouvé un truc qui rentre dans aucune case :
un été. Oui, un été,
un vrai, chaud, insolent,
qui refuse de se laisser convertir en KPI.

Au milieu du chaos parfaitement calibré,
j’ai découvert un calme
que même leurs réunions de crise n’arrivent pas à perturber.

Au milieu de leurs prévisions froides comme des bilans trimestriels, j’ai trouvé un sourire qui se moque d’eux,
un sourire invincible,
du genre à dire :
« Pardon, mais le vivant n’a pas l’intention de se laisser optimiser. »

Et c’est là que j’ai compris : même si l’époque adore compter tout ce qui bouge, même si la vie devient un tableau croisé dynamique, même si on te demande sans arrêt de rentrer dans leurs modèles, eh bien moi j’ai un cœur qui refuse.

J’ai un été entier
qui rigole doucement
quand on essaie de le faire tenir dans une ligne budgétaire.

Un été qui dit :
« C’est mignon, vos calculs. Mais l’humain, vous savez… ça dépasse toujours un peu les marges. »

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