Un football africain fidèle à ses valeurs

Alwarqae, Paris

Les récentes déclarations attribuées au président de la fédération sénégalaise, au lendemain de la décision de la Confédération Africaine de Football, interpellent. Non pas parce qu’elles défendent une position nationale – ce qui est légitime- mais parce qu’elles semblent occulter une réalité essentielle : le football ne peut exister sans règles, ni prospérer dans leur déni.

Le verdict rendu n’est ni une faveur accordée au Maroc ni une sanction arbitraire contre le Sénégal. Il est la conséquence directe d’actes précis, documentés, et jugés à la lumière des règlements en vigueur. La commission d’appel n’a fait que confirmer ce que les faits imposaient : des comportements contraires à l’esprit du jeu ont été observés du côté sénégalais. Parlons-en avec clarté.

Lorsque la discipline cède face à la nervosité, lorsque des gestes ou attitudes sortent du cadre sportif, lorsque le déroulement normal d’une rencontre est perturbé, on ne parle plus de football, mais de dérive. Le refus implicite d’assumer ces écarts, ou pire, leur minimisation, constitue une seconde erreur  plus grave encore que la première.

Le football est une école de maîtrise de soi. Il enseigne que même dans l’adversité, le respect des règles prime sur l’émotion. En ce sens, les manquements relevés – qu’ils soient liés au comportement collectif, à l’attitude sur le terrain ou à la gestion des tensions – ne peuvent être justifiés par l’enjeu ou la pression. Ce sont précisément dans ces moments que les grandes équipes démontrent leur grandeur.

Le Maroc, pour sa part, n’a fait qu’emprunter la voie institutionnelle. Aucun excès, aucune escalade verbale : uniquement un recours encadré, fondé sur le droit. C’est cela, aussi, le professionnalisme. Défendre ses intérêts sans jamais trahir l’éthique du sport.

Quant aux déclarations évoquant une rupture ou une défiance envers les instances africaines, elles soulèvent une question fondamentale : que cherche réellement le Sénégal ? Une justice sportive ou une validation émotionnelle ? Car contester une décision est un droit, mais remettre en cause les fondements mêmes de l’arbitrage sportif fragilise l’ensemble de l’édifice.

L’Afrique du football mérite mieux que des tensions inutiles. Elle mérite des acteurs qui élèvent le débat, qui reconnaissent leurs erreurs et qui avancent avec lucidité. Le talent du Sénégal est incontestable, son histoire respectable. Mais aucune nation, aussi grande soit-elle, n’est au-dessus des règles.

Le football est art, esprit et éthique. On n’entre pas sur un terrain avec la colère, mais avec la responsabilité. On ne gagne pas seulement par le score, mais par le comportement. Et on ne perd jamais lorsqu’on reste fidèle aux valeurs du jeu. Le Maroc, fidèle à son héritage et à sa vision, continuera de défendre un football où la rigueur juridique rencontre la noblesse sportive. Un football qui ne divise pas, mais qui rassemble. Un football africain à la hauteur de ses peuples.

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