Par Zakia Laaroussi, Paris
Alors que les marchés tremblent et que le sang coule encore au Moyen-Orient, Donald Trump joue les stratèges triomphants. Il y a dans la posture de Donald Trump quelque chose de la prestidigitation. Devant les caméras, ce dimanche, il a sorti son plus beau chapeau. « Changement de régime », a-t-il clamé, comme on scelle une victoire. L’Iran, théâtre d’une guerre ouverte depuis le 28 février sous les bombes américaines et israéliennes, serait-il déjà dompté ? Les cargos pétroliers, ces tankers fantômes, traversent bientôt le détroit d’Ormuz sous la bénédiction de négociations secrètes, selon le locataire de la Maison-Blanche.

Mais l’art du bluff présidentiel ne trompe que les naïfs. Alors que sa bouche profère l’assurance d’une fin de partie, la réalité du terrain clame l’engrenage. Ce lundi matin, le baril de WTI s’est envolé, passant la barre symbolique des 101 dollars. Un Casque bleu indonésien est tombé au Liban, offrant un sanglant démenti aux fanfaronnades. L’Histoire nous le rappelle : lorsque les puissants se vantent de tout contrôler, les marchés, eux, sentent déjà le souffle de l’embrasement. Si Téhéran vacille, c’est l’édifice entier d’un Moyen-Orient surchauffé qui menace de basculer. Trump parie sur la force et le spectacle médiatique pour écrire l’histoire, pendant que la réalité géopolitique lui résiste. Ce lundi 30 mars, en cette matinée, le monde ne vacille pas seulement sous le poids des bombes ; il vacille sous le poids de ses propres contradictions.
