Par Nouzha BOUDOUHOU,Université Mohammed 1er Oujda, Laboratoire d’Archéologie – ENS Paris
Jérada un site minier d’anthracite exceptionnel
Jérada, ville du Maroc oriental se distingue par un important patrimoine industriel minier. Elle s’est créée avec la découverte puis l’exploitation de son bassin carbonifère devenu bassin houiller. Le gisement du charbon de Jérada s’étend sur 25 km de long et 4 km de large. Le minerai extrait sur le site est un minerai de très bonne qualité, fait pour apporter de la chaleur et non spécifiquement pour faire tourner une centrale électrique. Il est de type anthracite : noirâtre et brillant. La cessation des activités en 2001, hormis la centrale thermique, a laissé place à des vestiges conséquents. Ces derniers, à l’image de la période d’exploitation du charbon, jonchent encore le paysage intramuros où à la lisière du centre-ville en reflétant nombre des composantes de l’activité minière passée. La phase post-industrielle se caractérise par un nombre de questions dont les réponses ne sont jamais simples. Ce patrimoine industriel mérite une sauvegarde et une valorisation dans une juste mesure et surtout dans son propre espace comme cela se fait à travers le monde. Cette présente note entend exposer une éventuelle approche d’études susceptibles d’ouvrir de nouvelles pistes de recherches en visant à rendre ce patrimoine culturellement intelligent et rentable. Les exemples des sites valorisés, en Grande-Bretagne et dans les Hauts-de-France en témoignent.
L’exploitation minière du site minier
L’exploitation minière du bassin carbonifère à Jérada a débuté vers 1930. Une exploitation de ce type suppose un investissement massif dans la technologie dédiée. Les infrastructures ont changé et modelé au fil des temps le paysage de la ville et par conséquent sa configuration territoriale, sociale et économique en marquant une rupture avec les habitudes paysannes de la ruralité de l’avant mine. L’histoire de l’exploitation fut courte : de 1930 à 2001. Sa fin a laissé sur place, comme dans tous les cas semblables, un patrimoine industriel minier matériel et immatériel considérable et inestimable.
Les principaux bassins de l’exploitation minière de Jérada :
Sur le site de Jérada, deux bassins principaux peuvent être distingués sur le plan de l’exploitation : un bassin nord et l’autre au sud.
1-bassin nord : dans ce bassin l’exploitation minière commença en 1930 furent alors installées les premières infrastructures industrielles : le Puits numéro I, d’une profondeur de 150 m, son chevalement et tous les équipements industriels assurant la maintenance et le départ du convoyage vers Guenfouda par téléphérique.
Le bassin du Puits I est organisé en plusieurs zones :
– la zone industrielle autour du chevalement. On y trouve divers édifices : bureaux, bâtiments ateliers qui comprenaient un atelier de mécanique générale, un atelier d’électrotechnique, une menuiserie, un garage équipé pour 55 voitures, une lampisterie qui comptait 3100 lampes, le magasin général, les douches qui cesseront à la fin de l’exploitation du P1 et les fosses ou bacs de lavage du charbon alimentés par l’eau de la source d’el Aouinet, connue aussi sous le nom d’Ain Khebdef de faible débit, et celle de Tadouaouat ;

– la zone administrative au nord qui comprend le bureau des Charbonnages du Maroc (CDM) construit dans les années 80, et les structures de la Mine-Image, entre le terril et la zone d’exploitation pour la formation des mineurs et techniciens de fond.
Dans le bassin nord l’activité de l’exploitation a durée de 1930 à 1952, date de début de lancement de l’exploitation du Puits II.
2- le bassin sud : ce bassin est au lieu-dit « Hassi Bilal » se compose du Puits numéro II, de 450 m de profondeur, et de ses équipements plus performants que ceux du bassin nord : descenderie, unité de lavage, de convoyage qui se termine aux quais de la ligne de chemin de fer dans sa branche Guenfouda-Jérada. Cette production, qui couvrait durant les années 1980 près de 18% des besoins du Maroc en électricité thermique, alimentait une centrale construite à Jérada par les soviétiques en 1971 et dépendant de l’ONE (Office National de l’Electricité).

Sur le plan social, l’activité minière fut à l’origine de flux migratoires en provenance de l’Oriental et du reste du Maroc (Sous et Tafilalet…).
A côté du patrimoine industriel se trouve donc un autre patrimoine, il concerne la vie sociale des houillères qui comprend l’ensemble des constructions nées au fil de l’exploitation du charbon et du développement de la cité : logements, maisons ouvrières, écoles, hôpitaux, dispensaires, économats, lieux de cultes (église, mosquée, cimetières), lieux de distractions et centre d’apprentissage et de formation.
État de la question du patrimoine industriel de Jérada
Les bassins miniers ont cessé leur activité en 2001. Les nombreuses traces de cette activité d’un grand intérêt archéologique, se rangent, hélas à l’heure actuelle, dans le passé glorieux de la ville et se résument à des puits abandonnés, des terrils nuisibles, des cités démolies, dont la cité ouvrière en 1996.
Que reste-t-il de ces installations dans les bassins miniers de Jérada ? A vrai dire pas grande chose. Avec la fin de l’activité minière, le site a été abandonné. Cette phase de l’après-mine qui dure toujours est devenue le synonyme d’un paysage fortement dégradé. Cette détérioration s’est accélérée du fait des phénomènes naturels et par diverses actions directes et délibérées liées à la présence de l’homme.
D’autres traces des installations subsistent encore en surface dans les différents bassins tels les usines, ateliers, fosses d’extraction, chevalements, terrils, bureaux d’études, vestiges de bâtiments, des machines et outils métalliques, tout a été laissé à l’abandon. Le paysage urbain propre aux villes minières et aux cités ouvrières qui concerne les logements des mineurs et des cadres ainsi que les bâtiments religieux et économiques n’a pas échappé aux phénomènes de dégradation et de détérioration. Sans oublier les archives publiques ou privées.

Mon étude archéologique du site minier avait pour but de prendre en compte les monuments restants afin de sélectionner les plus symboliques et de les sauvegarder, de procéder donc à un inventaire des indices et traces visibles de différentes infrastructures industrielles et de leurs classements à commencer par l’archivage des archives de la mine.
Mes ouvrages publiés ou en attente de publication sur le Patrimoine Minier de Jérada mettent en avant la question du patrimoine archéologique de la ville et les témoins matériels. Ces témoins matériels concernent les monuments techniques propres à l’extraction, des témoins urbains et architecturaux et d’autres monuments en rapport avec la mine et les mineurs encore sur place ou mémorisés. Elle propose une étude stratégique basée sur un plan d’un inventaire et de gestion à mettre en place. Je suis consciente que l’entretien du patrimoine minier de Jérada constituera une chance non seulement au service de sa valorisation mais aussi pour sa préservation et sa conservation pour les générations futures.
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أستاذة نزهة بودهو معروفة بنشاطها وجديتها في البحث العلمي، تبذل كل ما في جهدها لإيصال المعلومة، أعطت الكثير في ميدان البحث العلمي للمنطقة الشرقية،ومدينة جرادة من المدن التي ينبغي أن تكون لها مكانة واسعة في الأبحاث العلمية،نشكر الأستاذة على مجهوداتها القيمة كما أحييها على نشاطها ومواظبتها الدائمة وماقدمته لنا من أبحاث ومستجدات
‘ustadhat nuzhat budahu maerufat binashatiha wajidiyatiha fi albahth aleilmii, tabdhul kula ma fi juhdiha li’iisal almaelumati, ‘aetat alkathir fi maydan albahth aleilmii lilmintaqat alsharqiati,wmadinat jaradatan min almudun alati yanbaghi ‘an takun laha makanat wasieat fi al’abhath aleilmiati,nashkur al’ustadhat ealaa majhudatiha alqimat kama ‘uhyiha ealaa nashatiha wamuazabatiha aldaayimat wamaqadamath lana min ‘abhath wamustajidaat
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La professeure Nouzha Boudhou est reconnue pour son dynamisme et son sérieux dans la recherche scientifique. Elle met tout en œuvre pour diffuser l’information et a grandement contribué à la recherche scientifique dans l’Est du pays. La ville de Jerada mérite d’occuper une place de choix dans ce domaine. Nous remercions la professeure pour ses précieux efforts et la félicitons pour son activité constante et son dévouement, ainsi que pour les recherches et les mises à jour qu’elle nous a fournies.
Une nouvelle fois Madame Boudouhou fait montre de son acharnement à freiner les destructions massives des patrimoines historiques du Maroc. Son obstination devrait faire prendre conscience au Royaume qu’il est impossible de penser un avenir éclairé sans la protection des traces des différents passés. Une civilisation ce n’ est pas une course effrénée au dirhams mais c’est avant tout un respect des anciens et de leurs efforts qui ont permis de nous amener où nous en sommes. Halte aux mercantilismes vulgaires.
يتناول مقال الدكتورة نزھة بو دوھو أهمية التراث المنجمي بمدينة جرادة باعتباره ذاكرة صناعية وتاريخية للمغرب الشرقي. ويبرز المقال كيف نشأت المدينة حول استغلال مناجم الفحم الحجري من نوع الأنثراسيت منذ سنة 1930، وما صاحب من تحولات عمرانية واجتماعية واقتصادية كبيرة وان توقف النشاط المنجمي سنة 2001 خلّف تراثا صناعيًا وماديا ومعنويا، يضم المنشآت التقنية، الأحياء العمالية، المرافق الاجتماعية، والذاكرة الجماعية للعمال والمنجميين.
لذلك وجب جرد هذا التراث وتوثيقه وحمايته وإعادة تثمينه مع الاستفادة من التجارب الدولية التي نجحت في تحويل المواقع المنجمية القديمة إلى فضاءات للذاكرة والتنمية
يُعد العمل الذي أنجزته الأستاذة ن الدكتورة مساهمة علمية ذات قيمة في مجال الأركيولوجيا الصناعية والتراث المنجمي بالمغرب. فقد سلطت الضوء على جانب ظل لفترة طويلة خارج دائرة الاهتمام، وهو الذاكرة المنجمية لمدينة جرادة وما تحمله من أبعاد تاريخية وإنسانية وصناعية.
ومن المناسب أن تحظى هذه الجهود بالتفاتة من الجهات الوصية على قطاع الثقافة والتراث، خاصة المؤسسات المكلفة بالأرشفة والحفاظ على الذاكرة الوطنية، عبر:
دعم مشاريع جرد وتوثيق التراث المنجمي
تنويه وطني ودولي مقترح
إن الجهود البحثية للأستاذة تستحق الإشادة لما تمثله من دفاع عن الذاكرة الجماعية لمدينة جرادة وعن التراث الصناعي المغربي. كما أن أعمالها يمكن أن تشكل مرجعًا في مجال الأركيولوجيا الصناعية على المستوى الوطني، وأن تفتح آفاقًا للتعاون العلمي والتعريف بالتجربة المغربية دوليًا، خاصة في مجال حفظ المواقع المنجمية وتحويلها إلى فضاءات للبحث والتربية الثقافية والتنمية التراثية.
ويبقى الحفاظ على تراث جرادة المنجمي ليس فقط حفظًا لمبانٍ وآليات قديمة، بل حفظًا لذاكرة أجيال من العمال والأسر التي صنعت جزءًا مهمًا من التاريخ الاقتصادي والاجتماعي للمغرب.
تكتسي هذه الورقة البحثية أهمية علمية بالغة في توثيق التراث المنجمي لمدينة جرادة. لقد وفقت الدكتورة الباحثة نزهة بودهو في تقديم تشخيص دقيق لواقع الموقع ومخلفاته الصناعية بعد توقف الاستغلال، مع طرح مقاربة أركيولوجية عملية ترتكز على ضرورة الجرد العلمي والأرشفة لحماية هذه المعالم والذاكرة العمالية من التدهور والنسيان.
وتستوجب جهود الأستاذة العلمية شكرا خاصا وثناء متميزا، تقديرا لاجتهادها المشهود وإصرارها الدؤوب على إضافة لبنات معرفية جديدة وإغناء الحقل الأكاديمي بهذا البحث الرصين. كل التقدير والاحترام لهذا العطاء المتميز، دمت متألقة.
L’article est destiné bien évidement aux gens qui n’ont jamais étaient ou vécu à Jrada car tous les natifs de la ville savent encore plus de détails que Mme Boudouhou a mentionné ici. Merci!