Le Maroc vers un changement positif ?

Par Bachir Himri – Copenhague, Danemark.

La question mérite d’être posée avec lucidité, courage et sens des responsabilités. Car le véritable changement ne se mesure ni aux discours ni aux promesses, mais à son impact concret sur la vie des citoyens, leur pouvoir d’achat, leur confiance dans les institutions et leur perception de l’avenir. Nul ne peut nier que le Maroc a engagé d’importants chantiers de réforme et réalisé des avancées significatives dans plusieurs domaines.

Cependant, de nombreux défis persistent : hausse du coût de la vie, inégalités sociales, difficultés économiques et persistance de certaines pratiques liées à la mauvaise gouvernance, à la rente et à la corruption. Le pays semble aujourd’hui partagé entre deux dynamiques opposées. D’un côté, une volonté sincère de modernisation et de réforme, portée par une vision stratégique visant à consolider un Maroc plus fort, plus juste et plus solidaire. De l’autre, des intérêts particuliers et des réseaux d’influence qui continuent de freiner les efforts de transparence, de responsabilité et de renouvellement de la vie publique.

Dans ce contexte, l’évaluation du bilan gouvernemental apparaît comme une nécessité démocratique. Toute démocratie mature repose sur un principe fondamental : la reddition des comptes. Les citoyens ont le droit de connaître les résultats des politiques publiques et d’exiger des explications lorsque les engagements pris ne sont pas suivis d’effets concrets. Le rôle des médias et de la presse est, à cet égard, essentiel. Une presse libre, professionnelle et responsable constitue un pilier de l’État de droit. Elle contribue à éclairer l’opinion publique, à révéler les dysfonctionnements et à renforcer la culture de la transparence sans laquelle aucune démocratie ne peut pleinement prospérer.

Malgré les difficultés actuelles, l’espoir demeure profondément ancré dans la conscience collective des Marocains. Une large partie de la population aspire à davantage de justice sociale, d’efficacité institutionnelle et de bonne gouvernance. Cette aspiration s’inscrit dans une volonté nationale de poursuivre les réformes et de construire un avenir à la hauteur des ambitions du pays.

Oui, le Maroc change. Mais les citoyens souhaitent que ce changement soit pleinement perceptible, crédible et tangible. Ils attendent que les principes de responsabilité, de lutte contre la corruption, de préservation des deniers publics et d’égalité des chances deviennent des réalités concrètes et non de simples engagements. L’heure est donc à la mobilisation de toutes les forces vives de la nation : institutions, société civile, médias et citoyens. La défense de la liberté d’expression, le renforcement de l’État de droit et la lutte contre toutes les formes de corruption demeurent les conditions indispensables pour consolider la démocratie et garantir un avenir meilleur aux générations futures.

📲 Partager sur WhatsApp

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *