Par l’écrivain Kaïsse ben Yahya- Maroc
Edgar Morin nous a quitté et a emporté avec lui une conscience majeure de notre temps pour rejoindre l’éternité. Dans un monde traversé par les incertitudes, les fractures et les doutes sur son propre devenir, sa voix n’a jamais cessé de rappeler l’essentiel, la nécessité de penser l’humain dans sa belle complexité, de refuser les simplifications qui divisent et les certitudes qui aveuglent. Son humanisme, exigeant et sans concession, demeurera, à jamais, une lumière précieuse pour celles et ceux qui cherchent encore leur chemin dans le long tunnel d’obscurité et d’adversité que traverse notre époque.

Il nous lègue bien plus qu’une œuvre, une manière d’habiter le temps, d’habiter le monde, de regarder l’autre avec lucidité et fraternité, de faire dialoguer les savoirs plutôt que de les opposer, de défendre l’espérance sans jamais renoncer à l’esprit critique. Les grands penseurs ne meurent jamais tout à fait. Ils deviennent des éclaireurs silencieux dont les mots continuent d’accompagner les générations futures. Edgar Morin appartient désormais à cette lignée des consciences qui survivent au temps.
Que son voyage vers l’infini soit aussi serein que fut généreuse sa pensée. Et que son œuvre continue d’éclairer les pas de l’humanité, aujourd’hui plus que jamais en quête de sens, de dialogue et de lumière.
Adieu poète
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