Rachida Dati… une femme qui marche au cœur de la tempête

Par Zakia Laaroussi, Redactrice en cheffe-Paris

Il y a des destins politiques qui s’effacent au premier coup de vent. Et puis il y a ceux qui semblent avoir appris à vivre avec le mauvais temps. Rachida Dati appartient à cette seconde catégorie. À l’heure où la justice s’apprête à lui demander des comptes, l’ancienne garde des Sceaux choisit un geste presque romanesque : retrouver la magistrature, cette maison professionnelle qu’elle avait quittée pour entrer dans le tumulte de la politique. Comme si, au moment précis où son avenir se couvre de nuages, elle décidait de revenir vers la rive d’où elle était partie.

La scène a quelque chose d’étrangement saisissant. D’un côté, le tribunal, le procès, les accusations -qui devront être examinées et jugées selon les règles du droit. De l’autre, une femme qui refuse de se laisser enfermer dans le rôle de celle que l’on attend au bord de la chute. C’est peut-être là que réside le véritable caractère de Dati : dans cette faculté rare de transformer les défaites en mouvement. Battue aux municipales parisiennes, bientôt confrontée à une échéance judiciaire majeure, elle ne disparaît pas. Elle change de décor.

La politique lui aura appris une chose essentielle : survivre au regard des autres. Car Dati n’a jamais été une silhouette discrète. Elle avance avec des angles, des convictions, une ambition assumée. Elle divise parfois, intrigue souvent, fascine encore. Mais elle possède cette qualité que la politique, impitoyable, réserve à quelques-uns : la capacité de rester debout lorsque le vent change de direction. Il serait pourtant dangereux de confondre cette endurance avec une quelconque invulnérabilité. Devant la justice, il n’existe ni carrière, ni décor, ni légende personnelle. Il reste des faits, des arguments, des magistrats et une décision. La force d’un caractère ne saurait remplacer la force d’une preuve.

C’est pourquoi septembre aura une étrange couleur pour Rachida Dati. Ce ne sera pas seulement le mois d’un procès. Ce sera peut-être le moment où une femme habituée à maîtriser son récit devra accepter de le confier, pour un temps, à une institution qui ne lui appartient pas. Et pourtant, elle avance. Sans fracas. Sans plainte. Avec cette étrange élégance des tempéraments qui ont compris que certaines tempêtes ne se combattent pas : elles se traversent. Rachida Dati n’est peut-être pas plus forte que l’orage. Elle semble simplement avoir appris à marcher sous la pluie.

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