PAR Kaïsse Ben Yahya, POÈTE -Maroc
J’ai vu l’injuste au front couronné de puissance
J’ai tu mon cri sourd sous l’ombre du silence
Jamais ma voix ne fût morte au milieu des douleurs
Mes mains étaient captives, et mon âme en pleurs.
Le feu rongeait mon cœur dans ses profonds abîmes
Et Dieu Seul Savait mes pleurs anonymes
Quand la terre se tait sous un monde chavirant
Le Ciel Tonne plus haut que le cri des tyrans.
Toi qui crois tenir les moissons et le blé
Pourquoi lever la main sur le pain de tablée
Les richesses de la vie, les biens, les lendemains
Ne sont point confiés aux coffres des humains.
Jamais le pain n’appartient au maître de passage
Il est Don du Seigneur qui dispense et partage
Tu peux fermer une porte aux enfants en faim
Dieu fera se lever mille aurores demain.
Jamais l’homme injuste, ivre de sa victoire
Ne modifiât de Dieu une page d’histoire
Chaque mur qu’il bâtit face à un cœur accablé
Devient, par la Grâce, un avenir comblé.
Patiente mon âme aux heures de détresse
La nuit porte déjà les semences de promesse
Lorsque tout semble perdu, et tout paraît finir
Dieu prépare en secret ce qu’Il fera fleurir.
Car nul n’est plus puissant que Celui qui Pardonne
Nul n’est plus généreux que Celui qui nous Donne
L’homme barre un chemin, Dieu Ouvre l’infini
L’homme retire un pain, Dieu l’Offre béni.
