Ce qui m’importe

Par Kaïsse Ben Yahya

Peu m’importe ce que vous pensez

Ce que vos certitudes ont énoncé

Ce sentier que vous avez tracé

De roses fleuries ou de pierres agencées.

Peu m’importe cet être bercé

Par le balancement de mots lancés

Par des égos fébriles, offensés

Le poil hérissé avant d’être lissé

Dans le sens d’un univers renversé.

Peu m’importe cet homme insensé

Rouge-nez vagabond, triste chaussé

Pitre aux habits déjà froissés

Au service d’un rire effacé.

Peu m’importe l’usage référencé

Les convenances que le temps a lassées

Les vieux tabous d’un âge dépassé

Les peurs d’être un jour distancé.

Peu m’importe ce regard encrassé

Qui guette le faux pas annoncé

Et cherche dans l’ombre à nuancer

L’élan d’une âme voulant se hisser.

Ce qui m’importe m’emporte

Vers des songes de toute sorte

Vers une vie sans garde ni cohorte

Libre et légère au-delà des portes

Le cœur brûlant d’émotions fortes

Les pieds nus sur la voie qui porte

Au grand silence des armes mortes.

Ce qui m’importe me hante,

Habite mon âme encore adolescente

Prend cette main fragile et tremblante

Qui veut détourner la pente descendante

Me donne cette ardeur insistante

D’aller vers l’étoile étincelante

Flamme de mes nuits impatientes.

Ce qui m’importe, c’est Toi.

Ta voie profonde, mon être, ma foi

L’éveil secret au son de ta voix

Dans ce rêve paisible où je te vois

Mon doute parfois plus lourd que moi

Ma route entière guidée par ta loi

Et cet amour sans murs, sans toit.

Ce qui m’importe, c’est Toi,

Présence cachée que nul ne voit

Source où mon silence se déploie

Horizon que mon âme entrevoit

Et lorsque le monde perd ses droits

Je retrouve au plus profond de moi

Ton éternité mêlée à ma voix.

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