L’Angola et le défi de la démocratique

Par Zakia Laaroussi, Directrice du journal alwarqae..

Une démocratie ne se mesure pas uniquement au nombre d’élections qu’elle organise. Elle se mesure surtout à la confiance que les citoyens accordent aux institutions chargées de les organiser. Lorsque cette confiance s’effrite, les urnes demeurent, mais leur légitimité devient progressivement l’objet de controverses permanentes. Les débats suscités autour de la candidature de Higino Carneiro dépassent largement la question de la validité de signatures ou de procédures internes. Ils renvoient à une interrogation plus profonde qui traverse aujourd’hui la société angolaise : comment garantir que les institutions inspirent la même confiance à tous les citoyens

Depuis l’indépendance, le MPLA demeure l’acteur politique central de l’Angola. Son rôle dans la consolidation de l’État et de la stabilité nationale est largement reconnu. Mais l’exercice prolongé du pouvoir s’accompagne également d’une responsabilité accrue. Au fil des années, des formations d’opposition ainsi que des acteurs de la société civile ont exprimé des critiques concernant la transparence des processus électoraux, l’équilibre de la compétition politique et l’indépendance de certaines institutions. De son côté, le MPLA a constamment rejeté ces accusations et défendu la régularité des scrutins.

Cette coexistence de récits contradictoires constitue aujourd’hui l’un des principaux défis de la démocratie angolaise. La véritable question n’est pas seulement de savoir qui a raison, mais de s’assurer que les institutions disposent de l’autorité, de l’indépendance et de la crédibilité nécessaires pour établir les faits avec impartialité. Dans toutes les démocraties, les accusations ne constituent jamais une preuve. Mais leur accumulation, lorsqu’elle n’est pas dissipée par des enquêtes transparentes, fragilise progressivement le contrat de confiance entre les citoyens et l’État.

L’expérience internationale montre qu’aucune démocratie durable ne peut reposer uniquement sur des victoires électorales. Elle repose avant tout sur la certitude, partagée par les vainqueurs comme par les vaincus, que les règles du jeu ont été appliquées avec équité. Pour un parti qui gouverne depuis plusieurs décennies, la stabilité ne peut plus être seulement un discours. Elle doit devenir une démonstration quotidienne de transparence, de responsabilité et d’ouverture au contrôle indépendant.

L’Angola dispose d’atouts considérables pour poursuivre sa consolidation institutionnelle. Mais cette consolidation exige que chaque doute soit traité avec rigueur, que chaque procédure inspire confiance et que chaque institution apparaisse comme le garant de l’intérêt général plutôt que d’intérêts partisans. Car, en définitive, une élection peut désigner un vainqueur. Seule la transparence désigne une démocratie mature. Et seule la confiance permet à une Nation de transformer la légitimité juridique en véritable légitimité politique.

📲 Partager sur WhatsApp

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *